Politique Régional

Coronavirus : L’Assemblée approuve le prolongement de l’état d’urgence sanitaire dans les Outre-Mer

L’Assemblée nationale a donné mardi soir un premier feu vert à une prorogation, jusqu’au 15 novembre, de l’état d’urgence sanitaire dans la grande majorité des territoires ultramarins, durement touchés par le rebond de la crise du coronavirus. Cette extension, qui permet notamment d’instaurer ou maintenir des mesures de couvre-feu et de confinement, concerne la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Barthélémy et Saint-Martin dans les Antilles, ainsi que la Guyane, la Réunion et la Polynésie française.

La Nouvelle-Calédonie, où un confinement strict est entré en vigueur mardi, a été ajoutée à cette liste par un amendement du gouvernement adopté en séance. Longtemps préservé, l’archipel vient d’enregistrer plusieurs cas autochtones de Covid-19 qui font redouter une explosion des contaminations. Marquant la reprise des travaux parlementaires après la pause estivale, le texte examiné en première lecture en urgence au Palais-Bourbon a été approuvé par 90 votes contre 13 et une abstention.

La France insoumise, presque seule opposante

Les groupes de la majorité ainsi que l’opposition de droite comme de gauche l’ont soutenu largement, seule la France insoumise (LFI) s’y opposant résolument. Le chef de file des Insoumis, Jean-Luc Mélenchon, a souligné que « les départements d’outre-mer sont les pires déserts médicaux de France » et estimé que l’exécutif ne s’attaque à « aucune des causes structurelles » de la crise sanitaire. Le projet de loi et son article unique viendront jeudi matin devant le Sénat, le gouvernement espérant boucler dans la même journée le processus d’adoption parlementaire.

La prolongation au 15 novembre de l’état d’urgence instauré pour la plupart de ces territoires jusqu’au 30 septembre, est « justifiée » par « la nécessité d’y maintenir un instrument de réponse rapide et réactive face à un virus imprévisible », a estimé le rapporteur Jean-Pierre Pont (LREM). Malgré certains signes d’amélioration, ces territoires se caractérisent globalement par une situation beaucoup plus dégradée qu’en métropole, qu’il s’agisse du taux d’incidence du virus ou de la saturation des hôpitaux, ainsi que des taux de vaccination plus faibles.

Des dispositions pour Mayotte

Ainsi en Guadeloupe, 68 personnes, dont 59 malades du Covid-19, se trouvaient en réanimation lundi. En Martinique, le taux d’incidence, après avoir dépassé en août les 1.000 cas pour 100.000 habitants, s’établit actuellement à 438, contre 141 en métropole. En Polynésie, 33 personnes sont décédées du Covid-19 le week-end dernier, portant à 513 le nombre total de décès liés au virus sur le territoire de 270.000 habitants depuis le début de l’épidémie.

Le projet de loi prévoit aussi que si l’état d’urgence sanitaire était déclaré à Mayotte et Wallis-et-Futuna avant le 15 octobre, il serait là aussi en vigueur jusqu’au 15 novembre. Saint-Pierre-et-Miquelon a été retiré de ce groupe en cours de séance, la situation sanitaire ne suscitant « pas d’inquiétude à ce jour » selon le rapporteur Jean-Pierre Pont. Concernant Mayotte, Sébastien Lecornu, le ministre des Outre-Mer, a indiqué que des « mesures de freinage fortes » seraient annoncées cette semaine par le préfet.

source: 20minutes.fr

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