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Etats-Unis : Covid-19, économie, racisme, climat, géopolitique… Les cinq défis qui attendent Joe Biden

Joe Biden, qui prend ses fonctions ce mercredi, devrait aussitôt signer des décrets, notamment pour rejoindre l’accord de Paris sur le climat. Avec la courte majorité démocrate au Sénat, il devrait s’attaquer à des réformes de fond, mais il aura malgré tout besoin d’élus républicains pour certains dossiers comme l’immigration. Après l’attaque contre le Capitole et face aux tensions raciales, Joe Biden hérite d’un pays profondément divisé.

Il a promis de « restaurer l’âme de l’Amérique ». Dans un pays plus divisé que jamais, Joe Biden, qui prête serment ce mercredi, fait face à un immense défi. Deux semaines après l’attaque du Capitole, un tiers des électeurs sont persuadés que Donald Trump a remporté la présidentielle du 3 novembre, les tensions raciales restent vives et le programme de vaccination est en retard, alors que le Covid-19 a fait plus de 400.000 morts aux Etats-Unis.

Si la courte majorité démocrate au Sénat devrait permettre au nouveau président américain de lancer des réformes de fond, il commencera par signer plusieurs décrets emblématiques dès ce mercredi, notamment pour rejoindre l’accord de Paris sur le climat.

1. Covid : Accélérer la vaccination et encourager le port du masque

100 millions de vaccinations en 100 jours. C’est l’objectif fixé par Joe Biden, et il y a du boulot. Lundi, 31 millions de doses avaient été livrées mais seulement 12 millions administrées, selon les chiffres officiels. La faute à un cafouillage logistique entre le gouvernement fédéral et les 50 Etats américains, et à un nombre de centres de vaccination limité. Biden a prévu de mobiliser l’Agence de gestion des situations d’urgence pour établir des milliers de sites.

Du côté du masque, un décret pourrait le rendre obligatoire dans les lieux fédéraux – une mesure symbolique –, et l’administration Biden travaillera avec les collectivités locales pour encourager la pratique. Le temps presse : les Etats-Unis pourraient franchir le seuil des 500.000 décès courant février.

2. Economie : Plan de relance et hausse du smic horaire

Les signaux économiques sont dans le rouge. Si le taux de chômage reste stable à 6,7 %, les Etats-Unis ont enregistré près d’un million de nouvelles demandes d’allocations la semaine dernière. Et les plus précaires sont les plus durement touchés, avec une personne sur cinq au chômage pour le dernier quartile (les 25 % de personnes les moins payées).

Joe Biden a dévoilé un plan de relance de 1.900 milliards de dollars, qui comprend un nouveau chèque de 1.400 dollars par adulte et une hausse des allocations-chômage. Il réclame également un doublement du smic horaire fédéral, inchangé depuis 2009, de 7,25 à 15 dollars. Reste à convaincre le Congrès. Les démocrates pourraient passer en force avec seulement 50 sénateurs sur 100 (plus Kamala Harris), mais certaines mesures, comme la hausse du smic, pourraient nécessiter le renfort – très improbable – de 10 républicains, ou le fait d’abolir la règle sur l’obstruction parlementaire (filibuster).

3. Divisions : Panser les plaies de l’Amérique

Attaque du Capitole, mort de George Floyd, inégalités face au coronavirus… Joe Biden hérite, on l’a dit, d’un pays plus divisé que jamais. Il a promis de faire de l’équité raciale sa priorité et va commencer par annuler par décret le « travel ban » imposé par l’administration Trump contre une demi-douzaine de pays majoritairement musulmans. Joe Biden a également assuré qu’il ferait tout pour réunir les enfants de migrants séparés de leurs parents.

Le démocrate aura besoin du Congrès pour des réformes de fond du système judiciaire-carcéral ou pour une régularisation progressive des 11 millions de sans-papiers. Mais il a déjà demandé à son futur département de la Justice de s’attaquer au « cancer » de la suprématie blanche et à la menace du terrorisme intérieur. Merrick Garland, qui devrait être confirmé par le Sénat comme Attorney general, en a l’expérience : il avait supervisé l’enquête sur l’attentat d’Oklahoma city, perpétré en 1995.

4. Climat : Retour dans l’accord de Paris

Selon Joe Biden, le changement climatique représente « une menace existentielle » pour l’humanité. Dès mercredi, il a prévu de signer un décret pour rejoindre l’accord de Paris. Il devrait également ordonner l’arrêt de la construction de l’oléoduc décrié Keystone XL, entre le Canada et le Golfe du Mexique. Mais pour atteindre l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050, les décrets ne suffiront pas.

5. Géopolitique : L’Iran, le dossier le plus urgent

En nommant Anthony Blinken secrétaire d’Etat, Joe Biden veut remettre les Etats-Unis aux cœurs des alliances internationales. Première priorité : le nucléaire iranien. Si Téhéran « revient à un respect strict de l’accord [de 2015], les Etats-Unis le rejoindront », avait assuré Biden en septembre. Avec des violations à répétition ces derniers mois, le temps presse : selon Jean-Yves Le Drian, « l’Iran est en train de se doter de la capacité nucléaire ».

L’administration Biden devra également faire avec les provocations de la Corée du Nord et avec une diplomatie minée avec la Chine et la Russie. Le prochain sommet du G7, du 11 au 13 juin en Angleterre, s’annonce chargé.

Source: 20minutes.fr

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