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Les forces américaines ont participé à un exercice « surprise » en mer Noire, avec des munitions réelles

Mi-juillet, la Russie a pris tout le monde de court en annonçant la tenue d’exercices qui n’avaient pas été préalablement annoncés. Ces derniers ont mobilisé un volume conséquent de forces, avec 150.000 militaires, 26.820 véhicules et pièces d’artillerie; 414 aéronefs ainsi que 106 navires.

Normalement, le Document de Vienne, signé par les États membres de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe [OSCE], prévoit que chaque exercice militaire mobilisant plus de 9.000 soldats fasse l’objet d’une notification 42 jours avant sa tenue. Sauf si les « activités militaires notifiables » doivent être menées sans que les troupes engagées soient préalablement averties. »

Cette obligation s’impose également aux États-Unis, puisque, de par leur appartenance l’Otan, ils sont membres de l’OSCE.

Or, le 2 août, l’US Navy et l’US Air Force ont organisé conjointement un exercice « surprise » dans la région de la mer Noire, où venait de se dérouler les manoeuvres navales « Sea Breeze 2020 ».

Organisé par le 6e flotte de l’US Navy, cet exerice a ainsi mobilisé le destroyer USS Porter [classe Arleigh Burke], un avion de patrouille maritime P-8A Poseidon, un drone MQ-9 Reaper du détachement du 52nd Expeditionary Operations Group basé à Miroslawiec [Pologne], trois avions ravitailleurs KC-135 Stratotankers venus de Mildenhall [Royaume-Uni] et quatre F-16 de la 31e Escadre basée à Aviano [Italie].

Selon The Aviationist, l’examen des photographies diffusées à l’issue de cet exercice a permis de constater que les quatre F-16 avaient emporté des missiles air-air réels, à savoir des AIM-120C/D AMRAAM et AIX-9X Sidewinder, en lieu et place de missiles d’entraînement [c’est à dire sans charge militaire]. Ce qui est « inhabituel », souligne le site spécialisé.

Cet exercice s’est déroulé « dans les eaux internationales et l’espace aérien de la mer Noire », a assuré la 6e Flotte, pour qui la participation de l’US Air Force lui a permis de réaliser un entraînement « réaliste et pertinent pour renforcer la détermination américaine dans la région de la mer Noire ».

« Avec plus de 90% de l’économie mondiale et des communications numériques transitant via les océans, la protection du domaine maritime n’a jamais été aussi importante », a fait valoir le vice-amiral Gene Black, commandant de la 6e flotte.

Effectivement, la mer Noire est un carrefour de premier plan pour le transit des ressources énegétiques, et donc pour la sécurité des approvisionnements, ainsi que pour les échanges commerciaux entre les Balkans orientaux et le sud du Caucase, voire entre l’Europe et le Moyen-Orient.

« Le but de cet entraînement était d’assurer une mission de commandement et de contrôle avec […] l’US Air Force afin d’améliorer nos compétences tactiques […] et répondre à toute menace dans un environnement maritime complexe », a expliqué le « pacha » de l’USS Porter. « Des missions de formation conjointes comme celle-ci sont essentielles à l’état de préparation des forces militaires américaines », a en outre souligné l’US Navy.

Pour rappel, avec notamment une « présence avancée adaptée » et des patrouilles navales plus fréquentes, l’Otan a accentué ses activités dans la région de la mer Noire, laquelle est minée par la persistance de « conflits gelées » et de « zone grises » donnant matière à des trafics en tout genre.

En outre, depuis qu’elle a repris la Crimée à l’Ukraine, la Russie y a déployé des capacités d’interdiction et de déni d’accès [A2/AD] tout en y renforçant ses activités militaires… Ce qui lui permet d’intensifier ses activités non seulement dans la région mais aussi en Méditerranée.

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