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L’Agence de l’innovation de Défense mise sur l’intelligence artificielle pour aider les hôpitaux

Sur les 10 millions d’euros alloués à l’appel à projets lancé par l’Agence de l’innovation de défense pour lutter contre Covid-19, 426.000 euros ont été attribués au collectif « Makers for Life » pour le développement et la mise en production d’un respirateur artificiel simplifié.

Et la PME francilienne BforCure a obtenu un financement de 1,8 million d’euros pour la mise au point d’un automate mobile, modulaire et connecté pouvant rapidement détecter la présence de SARS Cov-2 en suspension dans l’air ou sur des surfaces.

Le premier projet à avoir retenu l’attention de l’AID aura été celui présenté par la société NG Biotech. Cette dernière, qui a décroché 1 million d’euros, a en effet mis au point un test sérologique qui, appelé « NG-Test® IgG-IgM COVID-19 », doit permettre de déterminer en moins de 15 minutes, selon le communiqué diffusé à l’épique, « si une personne est infectée par le virus depuis quelques jours seulement et reste contagieuse, ou bien si elle l’a été, est guérie et donc immunisée. »

Il existe deux sortes de test. Celui appelé PCR [polymerase chain reaction] consiste à faire un prélèvement naso-pharyngé pour détecter la présence éventuelle du virus chez une personne. Quant au test sérologique, il permet de chercher les anticorps produits par un organisme qui a été infecté par un virus comme le SARS Cov-2.

Or, dans sa stratégie contre l’épidémie, le gouvernement avait misé sur ces tests sérologiques…

« Ces tests sérologiques, nous en achetons, nous en développons. Nous lançons cette semaine une campagne de dépistage sérologique qui est montée par l’Institut Pasteur et l’Inserm en population réelle pour pouvoir déterminer quelle serait la proportion de Français immunisé dans [certains] territoires », déclarait encore Olivier Véran, le ministre des Solidarités et de la Santé, le 14 avril dernier. Et d’insister : « C’est un élément important […], cela fait partie du deuxième axe de notre politique de test. »

Sauf que, depuis, le gouvernement a fait machine arrière, la « fiabilité et la précision » des tests sérologiques posant problème. « Et quand bien même seraient-ils fiables, ce qui est en train d’être vérifié [par l’Institut Pasteur], la seconde limite, c’est qu’on ne saurait pas bien quoi en conclure, puisqu’on n’est pas certain qu’une sérologie positive soit synonyme d’une immunité, dont on doute aussi de la durée. En outre, les projections dont nous disposons montrent que la part de la population immunisée est très faible. D’où les interrogations sur la place de la sérologie dans la stratégie de prévention à venir », a expliqué Pierre Pribile, directeur de l’Agence Régionale de Santé de Bourgogne Franche-Comté à 20Minutes. Qui plus est, selon l’Organisation mondiale de la santé [OMS], « il n’y a actuellement aucune preuve que les personnes qui se sont remises du Covid-19 et qui ont des anticorps soient prémunies contre une seconde infection »…

Quoi qu’il en soit, l’AID continue d’examiner les 2.550 propositions qu’elle a reçues à l’occasion de son appel à projets. Et, ce 5 mai, elle a annoncé qu’elle venait d’en retenir une quatrième, faite par le Centre Borelli et l’Hôpital d’instruction des Armées [HIA] Percy.

Ainsi, financé à hauteur de 408.000 euros, le projet ONADAP [Outil Numérique d’Aide à la Décision pour des stratégies dynamiques d’allocations de ressources humaines et matérielles en période d’Attrition des Personnels] vise à « modéliser la situation sanitaire du personnel soignant à l’échelle d’un hôpital ou d’un service hospitalier et d’anticiper la propagation du virus en son sein », grâce à l’intelligence artificielle.

« À l’instar des modélisations météorologiques, l’IA développée s’appuiera sur des modélisations épidémiques pour proposer à l’échelle d’un hôpital, ou d’un service hospitalier, une estimation du nombre de soignants qui pourraient être malades dans les prochains jours. Cette projection permettra au système hospitalier d’anticiper l’évolution de la situation sanitaire parmi ses personnels et donc de se réorganiser dans les meilleurs délais », explique l’AID.

Placé sous les tutelles du Centre national de la recherche scientifique, de l’École normale supérieure Paris-Saclay, du Service de santé des armées, de l’Université de Paris et de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, le Centre Borelli sera donc en première ligne pour mettre en musique ce projet, grâce à ses mathématiciens, ingénieurs et cliniciens.

source: opex360.com

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