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MH17 : la tactique du Kremlin porte les fruits. Qui est coupable ?

Le procès judiciaire sur la destruction du vol МН17 de la Malaysia Airlines s’approche implacablement (en mars 2020). On s’attend que les coupables seront enfin nommés. Bien qu’ils sont déjà connus depuis longtemps.

Les conclusions de l’équipe commune d’enquête

Le 28 septembre 2016 aux Pays-Bas l’équipe commune d’enquête (JIT), représentée par les Pays-Bas, la Malaisie, la Belgique, l’Australie et l’Ukraine, a rendu publique les résultats intermédiaires de l’enquête, selon lesquels le vol MH17 avait été abattu au-dessus de l’Ukraine par le système de missile Bouk amené de la Russie sur le territoire contrôlé par les séparatistes prorusses.

Le 24 mai 2018 les enquêteurs internationaux avait annoncé que le système de missile Bouk provenait de la 53e brigade antiaérienne russe basée à Koursk, en Russie. Grâce aux efforts du JIT, on avait recréé la route empruntéé par le convoi militaire depuis Koursk à travers la frontière ukrainienne.

Le 19 juin 2019 la JIT a qualifié les suspects des meurtre dans l’enquête du MH17. C’est Igor Guirkine, l’ancien « ministre de la défense » de la RPD, l’ex-chef du service de renseignement militaire de la « RPD » Sergey Dubinskiy, l’officier ancien russe Oleg Pulatov et le commandant du bataillon de reconnaissance « GRU RPD » Leonid Kharchenko.

La pression du Kremlin

Il n’est pas étonnant que la Fédération de Russie fait tous ses efforts pour remettre la responsabilité sur les autres, en avançant beaucoup d’hypothèses pour des raisons de cet accident terrible. Le Kremlin tentait de remettre plus d’une fois la faute sur l’Ukraine, en soulevant à plusieurs reprises la question: pourquoi l’Ukraine n’a pas fermé l’espace aérien ?

Apparemment, les tentatives de Moscou ont été enfin couronnées de succès. Les Pays-Bas ont cédé. L’annonce sur le site du parlement des Pays-Bas qu’il a soutenu unanimement l’idée de l’enquête du rôle de l’Ukraine dans cette affaire confirme cette théorie.

L’initiative correspondante avancée ce 1 octobre par le député Chris van Dam du Christen-Democratisch Appèl (CDA) est devenue l’impulsion pour telle décision. Et les députés ont voté unanimement pour cette proposition.

“L’enquête ultérieure du fait que l’espace aérien sur l’Ukraine n’était pas fermée, unanimement approuvé” – a-t-il declaré  à TW.

Les appels à l’enquête sur le rôle de l’Ukraine dans l’affaire МН17 ne sont pas nouveaux. CDA et SP (Socialistische Partij)les exprimaient depuis 2018. Mais seulement maintenant ils ont reçu le soutien absolut de tous les partis, dont le parti au pouvoir Volkspartij voor Vrijheid en Democratie (VVD) du Premier ministre néerlandais Mark Rutte.

En effet, on peut l’estimer comme la position officielle des Pays-Bas, qui paraît-il ont exprimé ainsi les doutes sur la responsibilté de la Fédération de Russie sur le crash du Boeing. Et maintenant les événements de trois mois viennent à l’esprit. Il s’agit des « négociations confidentielles » de Rutte avec Poutine (le 28 juin à Osaka).

Mark Rutte, lui-même, a refusé de donner des détails de ces négociations : «Je ne peux rien dire à ce sujet. La discussion doit être confidentielle, y compris à cause du sujet de sensibilité extraordinairement haute. Il est très important d’utiliser n’importe quelle possibilité de negocier avec les autorités russes sur MH17». De plus, il a refusé de commenter la réaction de Poutine, ayant déclaré : «Je peux seulement dire que je dis. Je ne peux jamais dire la réponse de mon interlocuteur à cause de la confidentialité, ainsi que parce qu’il serait incorrect, si je disais de la part de mon interlocuteur» – a-t-il répondu.

Le commentaire du Premier ministre des Pays-Bas est apparu en hollandais le matin le 29 juin, en anglais – le 1 juillet, en Russie – seulement le 3 juillet.

Le site du Président russe n’a pas donné aucune information sur la rencontre de Poutine avec Rutte à Osaka, bien qu’il a donné l’information sur les autres rencontres à Osaka.

Après trois mois la décision de l’enquête supplémentaire a été pris, bien que les coupables de cette tragédie terrible sont déjà connus. Un concours d’événements ? C’est possible. Mais cela est très étrange. Il reste seulement à conjecturer de quoi M. Rutte et M. Poutine se sont mis d’accord pendant ces « négociations confidentielles ».

Le développement possible des événements

Probablement dans cette situation Moscou fera tous ses efforts pour donner un coup d’épaule à des questions avantageuses pour elle, adoucissant sa faute ou même le retirant.

La tactique de suggérer de nouvelles hypothèses de cette tragédie et le rapprochement entre la Russie et « les participants nécessaires » du procès liés avec МН17 porte les fruits. En mai 2019 le Premier ministre de la Malaisie Mahathir Mohamad a élevé les doutes concernant la participation de la Russie à la destruction du vol MH17 à cause de l’absence des preuves incontestables.

Aux Pays-Bas on peut arriver à la conclusion que l’espace aérien devait être fermée et c’est l’Ukraine qui est coupable encore une fois. Mais qui a abattue le vol ? Qui assumera la responsabilité ? – C’est une autre question, qui probablement restera ouverte.

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