International Politique

La sécurité dans le détroit d’Ormuz: y aura-t-il une initiative « coordonnée »?

Après les incidents avec plusieurs navires dans le détroit d’Ormuz, les États-Unis avaient dit vouloir créer une coalition navale afin de garantir la liberté de navigation dans le détroit. Seulement, peu de pays se déclarèrent prêts à les rejoindre.

Le Royaume-Uni déclina la proposition américaine. Probablement en raison de la différence d’approche entre Londres et Washington sur le dossier du nucléaire iranien…

Mais la nomination de B.Johnson à la tête du gouvernement britannique changea la situation. « Le Royaume-Uni est déterminé à protéger ses navires […]. C’est pourquoi nous avons rejoint la nouvelle mission de sécurité maritime dans le Golfe », conduite par les États-Unis, annonça Ben Wallace, le ministre de la Défense.

Finalement, fin août, le chef du Pentagone, Mark Esper, annonça le lancement officiel de l’opération « Sentinel », avec la participation du Royaume-Uni, de l’Australie et de Bahreïn. « Entre notre présence et la présence de nos alliés et partenaires dans la région, je pense jusqu’à présent, nous avons dissuadé tout nouveau comportement provocateur », déclara-t-il à cette occasion, en évoquant les actions de l’Iran.

la France, de sa côté, étant pleinement favorable pour l’idée de tenter de sauver l’accord sur le nucléaire iranien, affirma en faveur d’une opération européenne. « Il serait malencontreux de donner le sentiment que nous nous inscrivons dans l’initiative américaine de sanctions maximales », avait expliqué la ministre française des Armées, Florence Parly, à l’occasion d’une rencontre avec ses homologues de l’Union européenne à Helsinki, le 29 août.

Annegret Kramp-Karrenbauer, la ministre allemande de la Défense a déclaré que « Nous devons veiller dans tout ce que nous faisons à ne pas compromettre les efforts diplomatiques que nous menons pour préserver l’accord sur le nucléaire conclu avec l’Iran ». De plus, la participation de la Deutsche Marine à une éventuelle opération navale européenne n’est garantie.

Pour le moment les efforts diplomatiques de la France à propos du JCPOA ont échoué… L’Iran ayant annoncé, ce 6 septembre, sa décision de relancer la production d’uranium enrichi, avec la remise en route de 20 centrifugeuses de type IR-4 et 20 autres de type IR-6.

« Je ne suis pas surpris que l’Iran ait annoncé qu’il allait violer le JCPOA. Ils le violent déjà, ils ont violé le traité de non-prolifération pendant des années donc ce n’est pas une surprise », a commenté Mark Esper, lors d’une conférence de presse conjointe avec Mme Parly.

« Les États-unis ont pris une initiative il y a quelques semaines dans un contexte où la France souhaitait avant toute chose pouvoir contribuer à pouvoir faire baisser les tensions vis-à-vis de l’Iran », a rappelé Florence Parly et ajouté: « Donc nous avons pensé qu’il était utile de prendre une initiative dans laquelle un certain nombre de partenaires qui probablement ne rejoindront pas l’initiative américaine de pouvoir néanmoins contribuer à la sécurisation maritime dans le golfe et nous souhaitons évidemment le faire de façon parfaitement coordonnée et en complémentarité et en transparence avec nos amis américain. »

Néanmoins, l’objectif de Paris reste de « ramener l’Iran au respect de l’accord de Vienne » de 2015 la minsitre française a rappelé.

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