Analytique

Pourquoi l’armée française n’a jamais été aussi populaire dans Le Réveil des armées par Isabelle Lasserre

Les Français apprécient leur armée et les sondages le confirment, année après année. A la veille du 14 juillet 2018, près de 87 % d’entre eux en avaient une bonne opinion d’après l’enquête. L’institution militaire n’a jamais été aussi populaire, les citoyens lui font confiance pour lutter contre le terrorisme. Tandis que les centres de recrutement attirent de plus en plus de jeunes, prêts à s’engager pour défendre le pays ou pour vivre la grande aventure. 

La résurgence de la guerre (au Levant et au Mali et d’autre coins du monde) et les attentats sur le sol français, dans un contexte international de plus en plus menaçant et incertain, expliquent, en partie, la raison du regain d’intérêt. Dans Le Réveil des armées, Isabelle Lasserre, spécialiste des relations internationales au Figaro, propose aussi et d’autres raisons, plus profondes. “Alors que l’Etat et la société se délitent, que les services publics se rétrécissent quand ils sont paralysés par les grèves ou par le manque de moyens, quand l’intérêt général a déserté les institutions, l’armée est toujours là pour répondre”, écrit la journaliste. Isabelle Lasserre poursuit que l’armée est l’une des principales institutions porteuses de l’identité nationale. “L’armée est le conservatoire des valeurs républicaines, le creuset des vertus morales”. “Courage, autorité, sincérité, solidarité, intégrité, engagement, imagination, discipline, rigueur, sens du service” sont les corpus de valeurs, inculqué dès la formation initiale, “auquel tous les militaires adhèrent sans restriction” est écrit au préface de l’ouvrage.

Isabelle Lasserre pose une question “l’armée peut-elle – ou doit-elle – être un modèle pour la société?”. La question, audacieuse pour les uns, discutable pour les autres, est au coeur de l’ouvrage. “L’armée est un remède, répond l’auteure. Car elle pousse en avant toutes les valeurs qui ont été abîmées ou rejetées par la société civile ou par la classe politique.” 

Parce que la question relève des autorités et des élus, les militaires considèrent, eux, que le rôle de l’institution n’est pas de régler les problèmes sociaux du pays. “L’armée comme recours de la nation? La plus dangereuse des illusions serait d’attendre que surgisse de ses rangs ‘l’homme providentiel’, le sauveur de la patrie. Ces temps sont révolus.” 

Laisser un commentaire